PRESSE

Récital à Mouzon le 14 Juillet 2019

Compte-rendu du concert paru pour le Festival d’orgue de Mouzon
“Il est fort heureux qu’en ce 14 juillet, le souffle révolutionnaire, trop souvent géniteur de musiques sans grâce, ait épargné à l’Abbatiale de Mouzon ses exhalaisons délétères et que la délicate inspiration d’Emmanuel Arakélian ait au contraire guidé ce jeune organiste dans son choix d’oeuvres écrites à l’époque où régnait en France le roi  Louis XIV. 
     Présentant son concert du haut de la tribune, il enseigna au public l’existence du Livre d’orgue de Montréal, épais recueil apporté là-bas au début du XVIIIème siècle et renfermant maintes pièces écrites sous le précédent règne, dont beaucoup restent anonymes, telle cette suite en fa qui nous fut d’abord offerte, évidemment composée selon les règles de l’époque classique. Or, dès les premières notes du plein jeu, l’on se prit à songer à ce vers du poète et académicien Quinault :          
“Déjà la Nuit s’envole et cède au jour naissant.”
Car Emmanuel Arakélian, tout au long de son récital, déversera sur nous autant de musique que de lumière. Lumière dans ses interprétations claires, transparentes, mais aussi lumière colorée par la judicieuse utilisation des jeux, dont il maîtrise à merveille ici la naïveté, là quelque amusement, plus loin la gravité, ailleurs la solennité, toujours selon la teinte qu’il entend conférer tantôt à tel récit, tantôt à telle fugue, tantôt encore à telle ou telle autre partie d’un dialogue. En cela gît et consiste l’art difficile de l’organiste. Mais celui que nous recevions en ce dernier dimanche paraissait se gaudir de toutes les embûches. 
     Puis vint ce concert à quatre parties, que Marc-Antoine Charpentier avait élaboré pour violes mais que notre organiste avait adapté pour son instrument et dont il sortit une suite pour orgue s’achevant sur une passacaille de noble et grand effet. Et l’on se dit que, comparée à une telle transcription, non moins habile que brillante, l’œuvre originale pour violes s’exposerait désormais à bien pâle figure. Mais n’est-ce pas le risque de toute transcription pour l’orgue, dont la variété des timbres et la majesté de ses voix en font le roi des instruments ? Or, on ne surpasse point le Roi.       Balzac ne s’y est pas trompé qui, parmi les premières pages de son roman La duchesse de Langeais, roman qu’il a dédié à Franz Liszt, consacre un passage quasiment extatique à l’orgue dont il écrit qu’il est “le plus grand, le plus audacieux, le plus magnifique de tous les instruments créés par le génie humain (…), un piédestal sur lequel l’âme se pose pour s’élancer dans les espaces.”
     Un même élan, sans doute, inspira notre interprète dans l’exécution de la passacaille de l’Allemand Georg Muffat. Cette pièce est souvent jouée, mais souvent aussi interprétée sur une registration peu variée qui, ajoutée à son écriture constituée de langoureuses variations avec basse obstinée, en fait une œuvre monotone. Pour la rendre attrayante, il fallait l’heureuse imagination de notre concertiste qui non seulement sut exprimer le contraste des jeux selon les variations qu’il abordait, mais encore habilla cette passacaille d’un subtil crescendo jusqu’à l’irruption — deus ex machina — de la trompette de pédale qui, jusqu’au dernier accord, vint soutenir et amplifier cette architecture musicale. 
     Enfin ce fut la suite de Louis Marchand, essentiellement connue pour le grand dialogue en ut majeur qui en est le couronnement magistral et qui clôtura le concert. Loin des bals-musette, des étreintes villageoises, des émeutiers séditieux pétardant en tous lieux, nous eûmes là comme le bouquet final d’un feu d’artifice, mais d’un feu d’artifice royal. 
     Sitôt on applaudit, on crie bravo, on demande, on réclame, on exige un bis. L’artiste s’y résout : c’est une petite pièce de Marchand, cette fois dépouillée d’exubérance, préludant au repos. Cependant un public et conquis et comblé ne l’est jamais assez: on veut un second bis, fait assez rare à Mouzon car la vieille, austère et profonde Ardenne retient ses mouvements d’âme. Las, l’organiste feint de n’entendre point, demeure inexorable. On court à la boutique. Quoi ? Nul enregistrement ? Se peut-il ? On s’enquiert. Et bien non. Emmanuel Arakélian n’a pas encore été enregistré. Il promet de l’être bientôt. Donc vite ! Car nous brûlons de voir et surtout d’entendre. “

                                                      F. Gellé 

“Environ 170 personnes sont venues assister au concert de l’organiste
Emmanuel Arakélian, en l’église Saint-Genès-des-Carmes, dimanche soir.
L’événement était organisé par l’association des Amis des orgues de Notre-Dame-de-Clermont.
Les mélomanes et fins connaisseurs de musique classique ont pu être ravis. Pendant près de deux heures, le concertiste Emmanuel Arakélian, étoile montante de l’orgue français a fait vibrer l’orgue de l’église clermontoise, au cœur de la nef, faisant chavirer l’auditoire.
Cet orgue, dont la partie instrumentale est classée monument historique a été sublimé par ce virtuose, titulaire de l’orgue de la basilique Saint-Maximin-la-Sainte-Baume,

sur les airs de Robert Schumann, Johannes Brahms ou Johann Sebastian Bach.”
Concert en l’église Saint Genès de Clermont, le dimanche 5 Mai 2019

Concert en l’église de Pontaumur pour le festival Bach en Combrailles le 16 août 2016
“Ce petit compte-rendu de notre passage au festival Bach en Combrailles ne serait pas complet sans mentionner l’audition d’orgue du mercredi 10 août. À midi, en l’église de Pontaumur, sur cet orgue rêvé par Jean-Marc Thiallier, réplique exacte de celui d’Arnstadt, le jeune organiste Emmanuel Arakélian a livré un bref programme (30 minutes, c’est la règle de ces auditions) donnant à entendre de belles qualités de rhétorique et surtout de phrasé. Judicieuse idée, il faut le dire, que d’avoir rapproché de Bach quelques œuvres pour orgue de Händel. La comparaison avec le récital, plus long, donné par Éric Lebrun dans l’après-midi montrait qu’avec une personnalité déjà affirmée, une maîtrise technique sans faille et un sens de l’équilibre, de la fantaisie sans effet superflu, Emmanuel Arakélian n’aurait guère à rougir de la comparaison avec son aîné. On ne saurait dissimuler le plaisir qu’il a fait avec son arrangement du premier air de la cantate bwv 170.

Concert en l’église de Solliès-Pont le 21 Mars 2015
“Emmanuel Arakelian, jeune prodige de l’orgue de 24 ans aime à se produire dans sa région de prédilection en sa qualité d’ancien élève de Pascal Marsault et Claire Bodin au conservatoire de Toulon. Il est venu à Solliès-Pont à l’invitation des “Amis de l’orgue de Callinet”pour donner un récital qui a conquis le public sous le charme à la fois de son talent mais aussi de sa pudeur, son enthousiasme et sa chaleur. Excellent musicien, et belle personne voilà qui illustre parfaitement sa valeur, qui n’a pas, de toute évidence attendu le nombre des années. Un public nombreux qui aura apprécié un programme dédié aux admirateurs de Bach et un hommage à celui-ci.”